Un an après l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza a fait 1 135 morts et plus de 2000 blessés, il y a peu de changement pour le Bangladesh. Le bâtiment qui abritait des ateliers du textile était très vétuste et ce n’est pas le seul dans le pays. Les industries du textile sous-traitent beaucoup à l’étranger pour réduire leurs coûts de production. Une pratique qui est malheureusement rentrée dans les mœurs puisque plus personne ne s’étonne de porter des t-shirts ou des jeans venant de pays peu développés.

L'effondrement du Rada Plaza

L’effondrement du Rada Plaza © Capture AFP

Une course au profit toujours plus fort

Cette catastrophe n’a pas fait changer les avis des dirigeants du textile. Ils sous-traitent toujours dans des pays ont la main d’oeuvre est très peu payer. Le coût horaire dans le textile était en 2011 de 31,30 dollars pour la France alors qu’en Chine, il s’élève à 2,10 dollars et au Bangladesh à moins de 50 centimes de dollar. C’est donc un profit énorme pour les marques. Ils n’hésitent pas non plus à faire pression en jouant sur la concurrence pour que les prix baissent encore. Une course au profit qui ne s’arrêtera surement jamais.

Des usines toujours vétustes

Un des résultats premiers de cette course, c’est l’absence d’entretien des usines et autres ateliers. Les salariés se rendent donc tous les jours dans des bâtiments qui peuvent s’effondrer assez facilement. Mais depuis le cas Rana Plaza,  150 enseignes et marques textiles du monde entier ont signé un accord pour la sécurité incendie et celle des bâtiments. En résultat, sept usines ont été fermées et 2 autres l’ont été partiellement en cause d’une faiblesse au niveau de la structure des bâtiments. Pour autant, la mise aux normes des usines n’est pas encore réglée. D’après Emdadul Islam, directeur de Babylon Group,  » La pression salariale va avoir des répercussions sur les efforts menés pour améliorer la sécurité « .

Les ateliers avant l'effondrement

Les ateliers avant l’effondrement © Capture AFP

Une aide des marques et enseignes insuffisantes

Pour autant les familles touchées, l’Organisation Internationale du Travail a créé un fond d’indemnisation. Aujourd’hui, l’objectif n’a pas été atteint puisque seulement un peu plus du tiers a été récolté, ce qui revient à 15 millions de dollars. Plusieurs marques ont aidé en faisant un don à l’OIT comme Gap, Wal-Mart, El Corte Ingles, Mango, Camaïeu,  KIK, Mascot, Premier Clothing, Bonmarché ou encore Loblaw, Inditex et C&A mais aussi par d’autres moyens. Primark a dépensé plus de 12 millions dont 9 millions de dollars directement versés aux 580 salariés du sous-traitant New Wave Bottoms ou à leurs familles, 2 millions de dollars aux travailleurs du Rana Plaza, qu’ils aient travaillés ou non pour la marque et un million de dollars au fond d’indemnisation. Des sommes insuffisantes pour pouvoir reconstruire le pays et satisfaire les familles des défunts et des blessés.

Des associations portent plainte

Pour la première fois en Europe à la suite de la catastrophe du Rana Plaza, trois associations, Sherpa, Peuples solidaires et le collectif Ethique sur l’étiquette, portent plainte contre Auchan au parquet de Lille pour pratiques commerciales trompeuses. En effet, malgré le fait que des étiquettes du distributeur français ont été retrouvées dans les décombres, il nie avoir fait appel aux ateliers textiles du Rana Plaza en plaidant une sous-traitance dissimulée. Les associations ont choisi la date symbolique du premier anniversaire de l’événement pour déposer leur plainte.

L'étiquette d'Auchan retrouvée dans les décombres

L’étiquette d’Auchan retrouvée dans les décombres © Capture LCI

Les choses n »ont pas beaucoup évolué pour le Bangladesh même si quelques actions ont été menées. Le premier anniversaire et la plainte déposée par Sherpa, Peuples solidaires et le collectif Ethique sur l’étiquette fera peut être son effet et permettra au pays de recevoir une indemnité de la part d’Auchan.