Mise en service le premier janvier 1978, la plus vieille centrale nucléaire française devrait être fermée depuis 2016 mais la date ne cesse d’être reportée. Les enjeux qui tournent autour de la fermeture laissent un flou dans la tête des contribuables qui ne demandent que de voir un tel danger écarté définitivement.

Démanteler une centrale nucléaire, un défi de taille pour le gouvernement en place

De un, il y a le capital financier de l’EDF ainsi que ses salariés et les employés des ses partenaires sur le site qui devront être indemnisés en cas de fermeture. Malgré une indemnisation de l’ordre de 490 millions d’euros, tous les syndicats des travailleurs s’opposent à cette fermeture.

Centrale nucléaire de Fessenheim

Centrale nucléaire de Fessenheim © César CC

De deux, la France peut-elle combler les 12 800 GWh annuels fournit par la centrale ? En même temps, la loi sur la transition énergétique plafonne les capacités nucléaires françaises à leur niveau actuel.

De trois, avons-nous la capacité technique et le moyen matériel et humain pour démanteler et désactiver des réacteurs nucléaires ? Qu’elle continue à marcher ou qu’elle soit fermée, Fessenheim présente un danger pour l’Alsace, troisième région la plus peuplée de France. À noter que plus de 930 000 habitants vivent à moins de 30 km autour de la centrale.

Le décret de fermeture de la centrale nucléaire d’EDF est signé et publié au JO ! Sitôt dit, sitôt fait ?

« L’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim … est abrogée », c’est le contenu de l’article premier du décret publié dans le journal officiel du 09 avril 2017. Or, selon le même décret, l’abrogation n’intervient qu’à compter de la date de mise en service de la centrale de Flamanville. Ce qui sera effective, au plutôt, en 2019. Ainsi, ce ne sera pas encore en 2017 ni en 2018 que Fessenheim fermera. À noter qu’elle fournit actuellement la moitié des besoins en électricité de l’Alsace et 1,5% de ceux de la France.